Vous reprendrez bien un petit Grey ?

Rassurez-vous, lectrices et lecteurs, nous allons revenir à d’autres sujets dans les prochains articles, mais vu le harcèlement sur cette série, je sens bien votre attente fébrile, alors, ha ! Voici de quoi vous satisfaire avant de parler, je ne sais pas moi, de politique ou de société : c’est qu’en ce moment, nous sommes gâtés.

D’ici là, revenons sur l’épisode précédent.

Depuis 300 pages, il ne se passe rien, à part qu’Anatasia a pris une fessée. 

Voilà, c’est tout. Oui, je sais, même dans une intrigue de Petit Ours Brun, il y a plus d’éléments. Mais après tout, sommes-nous à l’abri d’un cross-over ? Du genre « 50 nuances de brun« , aussi appelé « Petit Ours Brun a super mal au bide » ? Ou bien quelque chose de plus grand public comme « Petit Ours Grey », ou les aventures de Christian Grey, utilisateur de Tumblr qui explique qu’il se sent intérieurement otherkin petit ours pansexuel aromantique semi-agenré ? En tout cas, nous n’aurons pas le droit à « Petit Ours Brun s’achète une cravache« , l’épisode ayant été publié en 1936, et dont la suite « Petit Ours Brun à Nuremberg » s’est très mal vendue. 

Alors, à quoi allons-nous avoir le droit dans les cinquante prochaines pages ?

Lisons, mes bons !

Déjà que poster cette image suffit à me faire souffrir, j’ai une terrible annonce : WordPress m’empêche désormais de glisser des légendes débiles planquées sous les images quand on passe sa souris. Je suis tristesse. EDIT : après quelques taloches, j’ai vaincu.

Nous retrouvons donc Grey, qui commence très fort, puisque le bougre vient de recevoir sa dernière cravache Hugo Boss, et espère pouvoir prochainement s’en servir, par exemple sur le cucu d’Anastasia. Et cela le rend philosophe :

Pour que cette histoire marche, on va devoir aller à son rythme. Pas au mien.

Dixit le Monsieur qui depuis le début du livre, lui a imposé des trucs comme s’autoriser à la violer à foison (souvenez-vous, c’est dans le contrat : il lui fait des choses quand il veut et elle n’a pas son mot à dire), vendu sa voiture sans son accord, et de manière générale, pris le contrôle de sa vie.

Du coup, je me demande ce que c’est « à son rythme« , l’ami Grey. Même les lapins doivent trouver ça un peu rapide.

Mais d’ores et déjà, Grey a un dîner de famille, toujours suite au retour de sa sœur Mia dans les parages. L’occasion de sortir la grande cuisine.

[Maman Grey] a cuisiné le plat préféré de Mia – poulet frit, purée et sauce au babeurre. J’adore moi aussi cette recette.

Qu’il s’enfile probablement en savourant un bon petit vin rouge aux glaçons, rappelons-le. Un homme aux goûts élitistes, comme il aime à se définir. D’ailleurs, alors que la conversation à table s’oriente autour d’Ana, la mystérieuse jeune fille que notre larron aurait rencontrée, Grey commence à se dire qu’il doit esquiver et fuir cette table à tout prix. Il prétexte donc une réunion de travail à préparer.

C’était sans compter sur un terrible rebondissement :

– Mais tu n’as pas mangé le dessert. Une tarte aux pommes. 
Hum… tentant.

Ah non mais oui le mec est trop dark, mais il y a de la tarte aux pommes, quoi, merde ! J’imagine que cette faiblesse cachée doit parfois le trahir.

« Ecoutez Christian, ce rachat pour 17 millions de dollars est une occasion unique. Signez.
– Non, je suis désolé. Je crois que les chiffres sont gonflés, ma société ne prendra pas ce risque.
– Je vois… et si je rajoute en sus… cette glaaaace Bouli, hmmmmm ?
– Ho ! Je… ce…. seigneur, passez-moi un stylo, vite ! »

Malgré cette terrible embuscade à la tarte aux pommes, Christian parvient à s’enfuir, mais pas sans avoir accepté de se faire accompagner d’Anastasia au repas dominical du lendemain. Damnation.

Le jour dit, Anastasia se présente au logis de notre héros, qui est déjà en train de perdre le contrôle de ses redirections sanguines pour de mystérieuses raisons.

Je cale une mèche de ses cheveux soyeux derrière son oreille. Mes doigts tremblent à l’idée de les tresser.

J’imagine que parfois, Christian pleure en regardant la pluie tomber sur la ville. Oui, il se souvient de l’époque où il avait débuté son CAP coiffure spécialité africaine. Ah, il allait pouvoir en faire, des tresses. Ce n’est que lorsqu’il a détruit l’un après l’autre l’ensemble de ses slips durant les travaux pratiques qu’il a été renvoyé. Aujourd’hui encore, Christian n’a plus le droit de s’approcher d’une école de coiffure, ou de tout le secteur de la Gare du Nord. Pauvre Christian.

Cependant, voici qu’arrive aussi le Dr Greene. Qui est-ce ? Hé bien, dans le contrat, il est stipulé que notre héroïne doit être en bonne santé. Christian, toujours gentleman, a donc engagé la meilleure gynéco de Seattle pour qu’elle s’assure que tout fonctionne bien dans la Madame. Et ce, en la faisant venir à domicile. Passons sur la classe du sujet, et allons voir à quoi ressemble le Dr Greene. Voici la seule description du livre :

Le Dr Greene a le regard typique des gens myopes : à la fois pénétrant et dérangeant. 

Les myopes qui me lisent seront donc priés de regarder leur écran autrement, quant aux astigmates, je n’ose y penser, monstres. Et avant que quelqu’un ne lève la question des presbytes, j’aimerais surtout insister sur le fait que c’est là la seule chose que nous savons du Dr Greene. Et que c’est une femme. Hmmm… pour le reste, on se démerde. Je me plais donc à imaginer que le Dr Greene fait environ 2,10m, a une musculature de nageuse est-allemande cachée sous une salopette tachée de cambouis et porte une imposante barbe, parce qu’on est au XXIème siècle, merde alors.

Pendant qu’Ana est emmenée par le Dr Greene (probablement sur son épaule, elle fait 2 mètres 10, je vous le rappelle), Christian va se faire un petit chablis, comme ça, hop, et ce sont tous nos amis icaunais qui se sentent insultés d’être ainsi cités dans pareil ouvrage.

En attendant, le Dr Greene s’occupe d’Ana, et revient annoncer à Christian que tout fonctionne, d’après elle, Anastasia serait bien une femme, aurait tout qui fonctionne, et tant qu’elle y a été, elle lui a aussi fait la pression des pneus et les niveaux d’huile. On se revoit dans deux ans pour le contrôle technique.

Merci bonsoir, et maintenant, il est temps pour Christian de manger un morceau avec Anastasia, puisque je suppose qu’ils ne sont attendus que pour le dîner et qu’il est encore tôt. C’est donc salade césar pour tout le monde, jusqu’à ce que Christian, chaud patate, relance la conversation sur des sujets autrement plus brûlants. Comme l’actualité, n’est-ce pas Chrichri ?

– Non, et pour l’instant, j’ai juste envie de te ligoter et de te faire jouir jusqu’à ce que tu tombes dans les pommes.

Christian est une vraie bête sauvage : tel l’ours, le seul moyen de lui échapper reste de faire le mort. Bon, notez que j’exagère. Tenez, par exemple, avez-vous déjà vu un ours revendre votre voiture en loucedé ou mettre des glaçons dans du bon vin ? Ah. Je vous avais dit que j’exagérais. Désolé à tous les ursidés qui se sont sentis insultés par le présent paragraphe, et embrayons. Car Christian emmène sa bonne amie dans sa célèbre salle de jeux.

Christian referme les portes de la salle sur eux, et sourit.

– Quand tu es ici, tu es totalement à moi. Je peux faire de toi tout ce qui me plaît. Tu comprends ?

La bonne réponse étant

« Ah ouais ? Ta salle de jeux est-elle située dans les eaux internationales ?
– Heu… non.
– Est-elle considérée comme une ambassade d’un pays étranger, fut-il imaginaire, comme la Belgique par exemple ?
– Non plus ?
– Hé ben alors tu es toujours soumis aux mêmes lois que devant la porte, gros con, alors tu ranges tout de suite cette espèce de zobi en caoutchouc clouté ou à défaut de la meilleure gynéco, tu devras appeler le meilleur proctologue de la ville. »

Mais non, à la place, Ana fait un bruit comme « Hihihihuhuhuh. », mais le livre le rend assez mal je dois bien dire. Cela dit, plus le temps passe, plus je me dis que si on remplaçait l’intégralité des dialogues d’Anastasia par des bruitages de mobylette, on aurait du mal à faire la différence. Il faudra que j’essaie, à l’occasion, mais passons.

Christian déshabille la madame, lui tresse les cheveux (… soit), et lui annonce que désormais, ça se passera comme ça.

– Quand tu viendras ici, ce sera dans cette tenue : nue, en petite culotte. Compris ?

Christian, tu es con ou bien ? Soit elle est nue, soit elle est en culotte, mais les deux à la fois, à moins de porter une culotte en cellophane, ça va être relativement compliqué, tout de même. Et puis comment ça « Quand tu viendras ici » ? Ici dans cette pièce ? Ici près du lit ? Carrément ici dans l’appartement, auquel cas, cela signifiera traverser la ville uniquement avec un ziploc sur le cucu ? C’est confus mon Christian, pour un mec qui prétend commander, je te trouve un petit peu léger, ça finira mal. La dernière fois que j’ai eu des ordres aussi flous, c’était en 1945 et ça a très mal fi…

Hem. Pardon. Je disais ?

Ah oui. Christian fait s’agenouiller Anastasia dans un coin, puis va chercher sa nouvelle cravache. Et s’en sert pour frapper la damoiselle là où ça fait mal, mais évidemment, Anastasia kiffe sa petite maman, comme on dit dans le jargon. Il faut dire que le récit est parcouru de « Putain, elle est trop bonne » et « Merde, elle est trop sexy » qui font de ce moment un phare de classe au-dessus d’un océan de médiocrité, ou bien un lampion de misère au-dessus d’une flaque de caca, je ne suis pas bien sûr.

Malgré tout, et comme toujours, Ana jouit, pile poil au même moment que Christian, et zou, c’est fini.

Mais en fait, non. En effet, Christian a encore envie (il recharge à une vitesse folle, on l’appelle « La Winchester humaine » dans le milieu), alors qu’Ana est un peu fatiguée d’avoir été malmenée, et aimerait se reposer. Mais non ! lui explique Christian avant de l’attacher à un poteau pour la forcer à se tenir dans une quelconque position reloue pendant qu’il fait son affaire, qu’elle le veuille ou non.

C’est à peu près à ce moment là que la police devrait enfoncer la porte, puis la gueule de Christian afin de lui expliquer comment fonctionne la vie. Mais même les plus endurcis des policiers préfèrent rester loin de ce livre.

Christian, comprenant que sa douce n’est pas trop d’accord, essaie quand même d’y mettre les formes :

– Accroche-toi, on y va, bébé, un petit coup en vitesse.

Notez comme chaque mot de cette phrase est une perle de navrance. J’ai connu des larrons  en scooter plus charmeurs, c’est dire, tant chacun a bien la même image mentale des conducteurs de pareils véhicules qui hantent nos rues pour aller chasser la gueuse.

Je pense bien sûr ici à notre Président, mais bref.

Car une fois l’affaire réglée, Christian porte une Anastasia épuisée vers « la chambre des soumises« , comprendre son coin dodo post-coït. Mais Christian se surprend à s’y endormir aux côtés de la belle, avant de rêver…

… de tartes aux pommes.

Je commence à me demander si ce livre n’est pas une sombre romance érotico-patissière, où deux tartes tentent de séduire le même gourgandin. Hmmm. Personnellement, je mise tout sur la tarte aux pommes, puisque contrairement à Ana, elle a un minimum d’épaisseur, mais passons.

Car Christian, farceur, se réveille avant Anastasia, et profite de l’occasion pour, hihihi, huhuhu, cacher la culotte de la damoiselle. Voilà voilà. C’est donc sans cet accessoire vaguement utile qu’Anastasia va rencontrer ses beaux-parents, histoire de. Et non, Anastasia ne réclame pas sa culotte. Elle est comme ça, elle se dit sûrement que ça fera marrer Beau-Papa. C’est donc sur cette idée qui commence comme un sketch de Jean-Marie Bigard que nos héros vont à ce fameux repas.

Dans la voiture, pour détendre un peu plus l’atmosphère, Christian revient sur les expériences plus ou moins mystérieuses de l’après-midi, lui demandant si elle a aimé se faire attacher comme ceci ou prendre comme cela.

Elle s’empourpre et jette un coup d’œil à Taylor, qui reste impassible.

Parce que oui, j’avais oublié de vous préciser : l’homme mystérieux au sombre passé qui fait des contrats quant à la confidentialité de ses relations cause tranquillement de tout cela devant son chauffeur.

« Ce n’est pas moi qui ferais ça, pas vrai  Diego ?
– C’est vrai patron. En même temps, avec vous, elles se contentent de taper contre le coffre pour qu’on les en sorte.
– Ah oui mais tu noteras qu’une fois, il y en avait une qui faisait du morse.
– « SOS », c’est considéré comme une conversation érotique, patron ?
– Ma foi mon bon Diego, je ne sais pas, mais quand je lis ce livre, c’est le seul message qui sort de chaque page, alors j’imagine que ça doit être érotique au vu du succès du bousin. »

En tout cas, la voiture de nos héros finit par arriver chez Maman Grey, et à peine toute la fine équipe est-elle descendue du véhicule que…

– Elle est là ? crie une voix de l’intérieur de la maison.
Ana me jette un coup d’œil interrogateur.
– C’est Mia, ma petite sœur. 
Nous nous tournons tous deux vers la tornade qui déboule du couloir dans un fracas de talons aiguille.
– Anastasia ! J’ai tellement entendu parler de toi ! s’exclame Mia en se jetant à son cou.

Alors je ne sais pas ce que c’est que cette espèce de fantasme du « Hiiiiii on est super copiiiiiines ! » d’entrée de jeu, mais personnellement, une espèce de bête furieuse qui charge, talons aiguille ou pas, bien avant qu’elle n’atteigne mon cou, j’atteins le sien. Et à la balle à sanglier.

Ajoutons à cela qu’est aussi invitée en ce jour la colocataire d’Ana, Kate Kavanagh, qui rappelons-le, sort avec le frangin de Christian, lequel est lui aussi en train de se poser alors qu’il enchaînait les conquêtes jusqu’ici (vous le sentez, ce truc sirupeux qu dégouline sur vous ? Non, ce n’est pas le sirop que constitue l’intrigue, c’est votre cerveau qui coule, faites attention). La discussion s’engage entre tout ce beau monde, et au détour de banalités, Ana annonce qu’elle a deux entretiens à venir dans des maisons d’édition. Christian en est fort décontenancé !

Je suis ici depuis deux minutes et je découvre des détails de sa vie que je devrais déjà connaître !

Notez que Stalker-Man est d’une cohérence folle.

Plus tôt :

« Bonjour Christian, je…
– Ta gueule, mets-toi à quatre pattes et baisse les yeux pendant que j’enfile ma tenue d’officier prussien pour te prendre le Chemin des Dames, si tu vois c’que j’veux dire, horr horr ! »

Maintenant :

« Ah ben merde alors ! C’est comme que si qu’on parlait pas assez, dis-donc !« 

Mais peut-être Christian est-il habitué à découvrir les secrets d’autrui uniquement en y plongeant son kiki ? Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, Christian. Tu as encore confondu ton zigouigoui avec l’œil de Sauron. D’ailleurs, si les bords sont en feux, c’est peut-être que tu devrais consulter, ami de la douleur ou non. Enfin, pour ce que j’en dis, hein.

Mais c’est tout Chrichri qui est on fire, puisque sa logique atteint des sommets. Ainsi, alors qu’il marmonne à Anastasia que ça va chier d’avoir osé lui cacher des trucs plus ou moins anodins…

– Hé, c’est quoi ces messes basses ? intervient Kate.
Putain ! Elle est toujours comme ça ? Aussi indiscrète ?

Dixit le mec qui envoie ses employés fouiller la vie de la Madame à qui il a envie de tripoter les doudounettes. Merde, interrompre des messes basses à table, ça ne se fait trop pas, dis ! Mais, le supplice ne s’arrête pas là pour Christian… puisqu’un terrible secret est lâché par Kate : Ana aurait bu un verre avec un ami l’autre soir.

Pourtant, elle a déjà accepté d’être à moi. Boire un verre en douce avec un autre homme ? Et sans ma permission ? Elle mérite une punition.

Nom d’une pipe, elle aurait une VIE ? C’est intolérable, mon petit Christian.

Le bougre grognoute dans son coin en ruminant tout ce qu’il pourra faire subir à Ana, pendant que la conversation de la tablée va vers Paris, dont revient Mia, et qui recommande la ville.

– C’est une ville magnifique, acquiesce Mia. Malgré les Parisiens. Christian, tu devrais emmener ana à Paris.
– Je pense qu’Anastasia préférerait aller à Londres.

Sinon, tu peux aussi lui demander son avis comme elle est à côté de toi, mais il est vrai que c’est un peu osé. D’ailleurs, Anastasia, ne dit rien, puisque comme d’habitude, elle est si profonde et complexe qu’on n’est pas toujours certain de savoir qui d’elle ou de sa chaise gagnerait au Trivial Pursuit.

Christian, toujours en mode super-guerrier de la classe, poursuit cependant son oeuvre dans la foulée.

La main sur le genou d’Ana, je caresse langoureusement sa cuisse, et fais progressivement remonter sa jupe. J’ai envie de la toucher, de caresser l’endroit où devrait être sa culotte. je bande, et je réprime un grognement de plaisir.

« Dis-donc Christian, tu serais pas un petit peu en train de te branler à table ? »

Mais non, personne ne prononce cette phrase qui aurait pourtant donné un peu de piquant à ce livre. Aurait pu s’ensuivre une bonne leçon de Papa Grey, expliquant à Christian les bases du savoir-vivre et du savoir quand sortir son zboub ou non, le tout illustré avec l’argenterie familiale et les verres en cristal.

« Voilà. Donc quand maman verre dit qu’elle est d’accord à papa verre, tous deux peuvent s’aimer très fort, tu comprends Christian ?
– Okay, mais quand est-ce que papa verre défonce le cul de maman verre à coups de fourchette pendant qu’il l’attache avec son rond de serviette ?
– Woh bordel c’est pire que ce que je pensais. »

Mais non. Je suis déçu. Déçu, mes bons.

De guerre lasse, Christian abandonne l’idée de bien se tenir, et sous le faux prétexte de faire le tour de la propriété à Ana, la fait sortir de table avec lui en plein repas, ce que tout le monde trouve bien normal. Ana se demande où ils vont, un peu, tant visiblement, Christian ne fait pas la visite mais se rend vers un point très précis.

Je la prends par la taille et la jette sur mon épaule. Elle pousse un cri de surprise.
Bordel. Je lui donne une claque sur les fesses.
– Chut !
– On va où ? gémit-elle sur mon épaule.
– Hangar à bateaux (NdOC : à ce stade, Chrichi ne fait même plus de phrases).
– Pourquoi ?
– J’ai besoin d’être seul avec toi.
– Pourquoi ?
– Parce que je vais te donner la fessée et ensuite te baiser.

De longues explications plus tard.

« … eeeet donc Christian… noooon, quand papa verre a très envie de maman verre, non, il ne la charge pas sur son épaule pour aller la violer dans le panier à pain au beau milieu du repas !
– … d’accord.
– Ah. Tu as compris. C’est bien, je commençais à me dire que tu étais con.
– Mais du coup, mettons que papa verre attende le fromage ? C’est bon ? »

Christian, tel Olive & Tom, est toujours super en forme, puisqu’il poursuit sur sa romantique lancée en expliquant à Anastasia comment ça va se passer, des fois qu’elle ait un doute.

– Juste un coup vite fait, pour moi, pas pour toi. Compris ? Tu ne jouis pas, ou je te donne la fessée.

Voilà voilà. Manquerait plus qu’elle prenne du plaisir à tout ça : non, Christian lui demande ouvertement d’en chier. Il commence donc à, je cite « la baiser, à la pilonner avec fièvre« , du coup j’imagine qu’en même temps, soit il fait le marteau-pilon avec la bouche, soit il hurle des trucs du genre « Je vais te pilonner comme les Anglais sur la Sooooooomme, raaaaah ! » ce qui dans tous les cas, est plus proche de la psychiatrie que de l’érotisme.

Une fois que Christian a fini son affaire et qu’il est en train de ranger son petit matériel, voilà qu’une voix retentit.

– Christian !
Mia est au bas de l’escalier. Merde.
– Il était moins une. Putain, qu’est-ce qu’elle peut être chiante, parfois.

Ah mais oui, Christian, c’est évident. Si on ne peut plus se lever au beau milieu d’un repas de famille pour aller violer une fille dans un hangar à bateaux, bordel, où va le monde ? Je vous le demande. Cette Mia n’a aucune éducation !

Ou ce livre n’a aucun sens. Allez savoir.

D’ailleurs, puisqu’on en parle, vous vous souvenez d’Eliott, le frère de Grey et « éco-warrior » dixit notre héros ? Lorsque vient l’heure de quitter le repas…

Eliott prend sa copine par le bras et mes parents leur font un signe de la main quand ils grimpent dans le pick-up.

Le pick-up, la légendaire voiture des éco-warriors, qui consomme environ le PIB du Botswana au cent. Et puis c’est très pratique d’avoir un pick-up lorsque l’on fait un métier qui nécessite de ne rien transporter. Remarquez ça peut servir à déménager des amis et…

Ah non c’est vrai : dans le livre, ils déménagent Kate et Ana mais louent un camion pour. Histoire que le pick-up, ce soit juste pour souligner le côté busard. J’imagine qu’il a des néons au-dessous aussi, mais, par parce que c’est un kéké « pour faire boîte de nuit pour hérissons« . Un truc d’éco-warriors, quoi. Mauvaises langues.

Christian et Ana rentrent aussi chez Chrichri, et c’est une Ana toute flappie qui irait bien faire dodo. Christian comprend bien de quoi il retourne, et hoche la tête, plein d’empathie.

– Allez, mademoiselle Steele, vous avez une grosse journée demain. Plus tôt vous serez couchée, plus tôt vous serez baisée, et plus tôt vous pourrez dormir.

Mais enfin ? Que ?

Remarquez, baiser des gens fatigués, je connais des gens qui fantasment sur le sujet. Dans le milieu, on les appelle « Le RSI« . 

Anastasia, dont le cerveau est dans un tel état qu’il pourrait être considéré comme une spécialité gastronomique anglaise, rigole donc quand même et se laisse mener jusqu’à la chambre où une terrible idée lui traverse l’esprit : et si elle se faisait désirer ? Voilà qui étonne Christian.

– La porte est fermée. Je ne sais pas comment tu pourrais m’échapper. Je pense que l’affaire est dans le sac.

« Si elle ne peut pas s’enfuir, c’est qu’elle est d’accord« , déclara Christian à son procès. Le gardien-chef lui ressortit la même phrase avec un clin d’œil, trois ans plus tard, au moment de l’attacher sur la chaise électrique.

Mais Anastasia a des envies qui dépassent Christian.

– Je veux te toucher.

Le truc hard : toucher quelqu’un avec qui on couche. Inimaginable ! La preuve, Christian réagit au quart de tour :

Putain. Non. Instinctivement, je recule d’un pas, et les ténèbres gagnent mes entrailles.

Bon, on va être clair : non, des ténèbres ne peuvent pas gagner des entrailles. Envahir ton âme ou ton esprit, pourquoi pas, et encore, pas dans ces circonstances, mais tes entrailles ? Mec, tu es juste en train de dire que tu as très envie de faire caca quand une fille t’approche. On dirait une histoire de Manu Larcenet. Ça va, hein, tu es timide mon Christiounet, ce n’est pas grave. 

Mais justement, voici qu’Anastasia aimerait bien savoir d’où vient cette peur de Christian de se laisser toucher… et refuse de laisser tomber, malgré les esquives du malandrin. 

Quel sombre secret cache-t-il ? A-t-il eu un traumatisme du gros intestin ? Va-t-il nous raconter sa carrière de pétomane brisée ? 

Nous le saurons dans le prochain épisode

Mais on va prendre un peu de temps avant : pensez à moi, malheureux, car il nous reste encore a minima trois épisodes pour en finir avec ce sombre étron.

Quel sacerdoce que le mien.



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